Photographe éthique, Guillaume met en lumière ton projet
Communiquer éthiquement

Photographe éthique, Guillaume met en lumière ton projet

Dans ma série “Communiquer Éthiquement”, je pars rencontrer d’autres professionnels de la communication qui partagent ma vision et font en sorte de rendre ce domaine plus éthique, authentique et éco-responsable. Cela peut paraître évident, mais la photographie joue une grande place dans la communication. Elle permet de mettre en lumière son projet, de le sublimer. Mais peut-on être un photographe éthique ?

Pour être honnête, je ne mettais pas véritablement posé la question jusqu’à ma rencontre avec Guillaume il y a quelques mois. Oui, la photographie aussi peut être pensée et réalisée avec éthique. Intriguée par sa pratique, j’ai voulu que Guillaume nous raconte son histoire.

La photographie, d’une passion à un métier

Hello Guillaume ! Merci de bien vouloir échanger sur ton parcours et ton métier avec nous. Tu le sais, je pars à la rencontre des professionnels de la communication qui partagent mes valeurs et tu en fais partie. Mais avant que l’on entre dans le vif du sujet, pourrais-tu te présenter à mes lecteurs ?

Salut Clémentine. Je m’appelle Guillaume et je suis photographe éthique dans la région parisienne. Depuis plusieurs années, je suis très sensible aux questions environnementales. J’ai eu envie de mettre en avant les projets à impact positif à travers mon métier.

Je n’étais pas vraiment destiné à devenir photographe. J’ai fait une école d’ingénieur car j’étais très bon en mathématiques, même si ce n’était pas spécialement mon truc. Depuis que je suis enfant j’adore l’art et la musique. À 25 ans, j’ai eu une révélation. Je ne veux pas passer ma vie devant un ordinateur. À ce moment-là, une école de musique ouvre à côté de chez moi. Je décide de m’y inscrire. J’y ai suivi des cours pendant 1 an.

Mais, j’ai vite réalisé que ce n’était pas la voie professionnelle que je voulais suivre. Je faisais un peu de photo pour le plaisir, avec mon téléphone. Un jour on m’a prêté un reflex et ça a été le déclic ! Je passais mes journées dans les rues de Paris à faire des photos et je photographiais également les événements familiaux. Je ne pensais pas en faire mon métier jusqu’au jour où l’on m’a proposé de me payer pour ça !

Au départ, je ne connaissais rien à l’entrepreneuriat. Je ne facturais pas grand chose pour mes prestations et mon matériel n’était pas très pro. J’étais un bon photographe mais un très mauvais vendeur. Je me suis posé beaucoup de questions et j’ai essayé de structurer mon activité. J’ai monté ma société en avril 2017 mais j’avais un travail alimentaire à côté. En septembre, à la fin de mon CDD, j’ai fait le choix de me lancer à plein temps à mon compte.

Bravo d’avoir sauté le pas en te mettant à temps plein sur ton projet ! Tu te définis comme photographe positif, photographe éthique, qu’est-ce que ça signifie pour toi ?

Quand j’ai débuté, je faisais principalement de la photographie événementielle et jusqu’en 2019 ma communication était plutôt axée sur le corporate. J’étais dans l’exécution. On me demandait de venir tel jour, à tel heure et je shootais. L’année dernière, je me suis rendu compte que ça ne me correspondait pas réellement. Alors, j’ai revu mon positionnement fin 2019/début 2020.

Le terme de photographe positif est un parallèle avec ma vie quotidienne et mon engagement citoyen. Dans ma vie personnelle, je suis dans une démarche zéro déchet, je me suis séparé de ma voiture, je suis devenu végétarien. Bref, je fais attention parce que je suis très sensible à l’état de la planète. J’ai envie de donner du sens à mon travail. Je veux que mes actions aillent dans le même sens que mes valeurs.

Cette manière de définir mon métier est également un parallèle avec qui je suis et ce que je transmets, à travers ma communication par exemple. Je suis une personne optimiste qui envoie des bonnes ondes. J’aime montrer l’exemple, que des petits efforts sont simples à réaliser et relayer des informations liées à l’écologie.

Je connais peu de photographes qui ont la même démarche que moi et intègrent l’éco-responsabilité dans leur métier.

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Photographe éthique : un positionnement plus aligné

Ce terme te convient à merveille ! Et dis moi, comment as-tu pris ce virage dans ton métier ?

Ce changement de positionnement est venu de deux choses.

Premièrement, j’étais mal à l’aise dans mon travail de photographe. Certains événements que je couvrais ne me correspondaient pas. Il y avait parfois beaucoup de déchets et de gaspillage. Ça me gênait, je ne me sentais pas à ma place.

Deuxièmement, les incendies en Australie. Ça a été un déclic très puissant. Je ne voyais plus l’intérêt de gagner ma vie en faisant des choses qui ne me correspondent pas. Je me suis aperçu que c’était le moment de changer le monde, que l’on était la dernière génération à pouvoir le faire. Et qu’il fallait y aller !

Finalement, ce nouveau positionnement n’est presque pas un choix. L’envie était beaucoup trop forte. J’avais besoin de ça. Je ne voulais pas faire des photos dans le seul but de faire des photos. Quel est mon rôle en tant que photographe ? Qui ai-je envie de servir ?

Je ne porte aucun jugement mais j’avais envie d’un nouvel horizon. Je veux me sentir utile.

Et je sais que tu l’es ! Et concrètement, comme ça se passe une séance avec un photographe éthique ? Quel est ton processus de travail ?

Comme je te le disais, avant j’étais dans un rôle d’exécutant. J’avais un petit brief sur les photos voulues et je faisais ce que l’on attendait de moi.

Aujourd’hui, je porte beaucoup d’attention à la préparation de la séance. J’ai envie de bien connaître la personne ou l’entreprise en amont. Mon objectif est de faire des photos qui représentent correctement la personnalité et les valeurs de mon client. Je réfléchis au message que doivent délivrer mes photos. Bien sûr, l’esthétisme est important mais ce n’est pas le but principal de mon travail. Je suis là pour faire passer un message, pour mettre en images ce que pense ou ressent mon client.

On travaille donc beaucoup en amont de la séance. On discute et on construit ensemble ce qui va se dérouler pendant le shooting pour avoir une cohérence dans le visuel.

Le contact avec l’autre est très important pour moi. En étant proche de mon client, je sais que l’on aura un résultat plus juste car la personne sera en confiance et détendue.

C’est génial ! Tu me donnes envie de faire une séance photo. D’ailleurs, comment introduis-tu l’éco-responsabilité dans ton métier de photographe éthique, à part dans le choix de tes clients ?

J’essaye de garder au maximum mes outils dans le temps. Mon ordinateur date de 2012 par exemple. J’ai acheté tous mes appareils photo et mes objectifs d’occasion à des personnes de confiance et qui étaient près de moi géographiquement, pour limiter l’impact carbone. Lorsque je me déplace pour une séance photo, je prends le vélib ou les transports en commun.

Je sais que le poids des photos peut avoir un impact sur la pollution numérique alors je fais attention à leur taille lorsque je publie. Pour mes clients, j’essaye de leur envoyer des images avec une bonne résolution mais un poids assez faible et surtout selon leur utilisation. Si c’est seulement pour le net, la photo n’a pas besoin de faire plus d’1 MO. Si c’est pour de l’impression, je pousse jusqu’à 6MO. Et pour éviter de les stocker sur un cloud ou un drive, je les envoie par WeTransfer car les données sont supprimées au bout d’une semaine.

Comme je travaille beaucoup de chez moi, j’ai également opté pour un fournisseur d’électricité responsable. Et j’ai choisi une banque pour mon compte professionnel qui me paraissait la plus responsable.

Rester authentique dans sa communication

Les deux derniers points sont sur ma to-do list aussi. Je sais que l’on a des valeurs communes et que nos visions de la communication se rejoignent. Peux-tu nous donner ton avis sur la communication et la manière dont tu la vois ?

Ce qui est important pour moi dans la communication c’est l’authenticité et se montrer tel que l’on est. Donc pour bien communiquer, il est essentiel de bien se connaître pour se présenter de manière naturelle. Même si on a besoin d’avoir des axes stratégiques, j’aime la spontanéité.

Lorsque j’étais moins aligné, je ne prenais pas vraiment de plaisir à communiquer, mais c’est important de s’amuser pour garder l’énergie de communiquer sur le long terme. Les publications qui fonctionnent le mieux pour moi sont celles qui viennent du cœur.

Complètement d’accord avec toi ! Dis-moi pour toi, qu’est-ce qu’une bonne communication ?

Pour moi, c’est une communication qui est alignée avec nos valeurs et qui est cohérente avec ce que l’on fait. La communication est comme un miroir mais elle ne doit pas renvoyer une image déformée. Elle doit prendre soin des autres. Je ne suis vraiment pas fan des méthodes basées sur la peur. Je trouve que ça se rapproche trop de la manipulation.

J’essaye de faire passer des messages sur des actions extérieures et des choses auxquelles je crois. Ça permet aux gens qui me lisent de se poser des questions.

Le partage, il n’y a que ça de vrai. Allez, dernière question : comment communiques-tu sur ton travail de photographe éthique ?

Je communique principalement en ligne. J’ai mon site internet qui montre ma démarche et mon univers. Depuis 2020, je suis très actif sur LinkedIn, c’est là où tu vas plus souvent me trouver. Je suis moins présent sur Facebook et Instagram car je trouve qu’il y a moins d’échanges sur ces plateformes.

Mais la plupart du temps, je trouve mes clients grâce à des recommandations. Et c’est aussi une technique de communication ! Je rends mes clients heureux en leur proposant un bon travail dans une bonne ambiance. Avant de faire appel à un photographe, tu as besoin d’avoir confiance et il n’y a rien de mieux qu’une recommandation pour ça. Du coup, je n’hésite pas à demander à mes clients de me laisser un avis directement sur internet, parce qu’il y a beaucoup de personnes qui les lisent et s’y fient.

Merci d’avoir répondu à mes questions Guillaume !

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2 Comments

  1. Cassandre

    Bravo Guillaume ! Ça fait chaud au coeur de voir que dans un métier apparemment loin de l’écologie on peut faire beaucoup de choses pour son impact environnemental et pour plus d’éthique au travail pour finalement s’y sentir bien !

    29 juillet 2020 at 13 h 16 min | Répondre
    1. Clémentine Lavote

      Merci pour ton commentaire Cassandre :). C’est exactement ce que j’ai pensé la première fois que j’ai échangé avec Guillaume. Comme quoi, on peut tous agir à son échelle !

      13 août 2020 at 9 h 19 min | Répondre

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