Jérémie, producteur audiovisuel vert et fair
Communiquer éthiquement

Jérémie, producteur audiovisuel vert et fair

Dans ma série “Communiquer Éthiquement”, je pars rencontrer d’autres professionnels de la communication qui partagent ma vision et font en sorte de rendre ce domaine plus éthique, authentique et éco-responsable. Aujourd’hui, je suis allée discuter avec Jérémie, producteur audiovisuel green.

Après un parcours d’ingé son, 10 ans de voyage autour du monde et des expériences bénévoles dans des ONG, Jérémie a ouvert son entreprise pour accompagner les structures à impact positif à créer du contenu audiovisuel vert et fair. Rencontre !

D’ingé son à producteur audiovisuel green

Hello Jérémie ! Merci d’avoir accepté mon invitation pour cette interview. Je suis très heureuse de pouvoir partager ce moment avec toi. Avant que l’on entre dans le vif du sujet, pourrais-tu te présenter aux personnes qui nous lisent ?

Salut Clémentine ! Je m’appelle Jérémie, j’ai 34 ans, je viens de Bordeaux et je suis, ce qu’on pourrait appeler un “Digital Nomade” depuis 10 ans. Pour tout te dire, je n’aime pas beaucoup ce terme. Je le trouve trop connoté “tour du mondiste”, où l’on passe de pays en pays en 3 semaines sans véritablement s’attarder. Ce n’est pas ma manière de voyager. Avec ma partenaire, on traverse le monde depuis 10 ans. Et on le fait très lentement, principalement en van. On prend vraiment le temps d’aller rencontrer les gens sur place, de s’imprégner des locaux.

De formation, je suis ingé son. J’ai continué mon activité durant mes années de voyage. Mais plus le temps avançait, moins je me retrouvais dans mon métier. Pendant nos expéditions, j’ai fait énormément de volontariat pour des ONG. J’ai rapidement réalisé que ces structures avaient un réel besoin en communication audiovisuelle pour faire connaître leur projet. Pourtant, ce n’est pas souvent leur priorité. Alors, j’ai mis mes compétences à leur service pour leur proposer du contenu audiovisuel green.

Il y a 2 ans, j’ai eu l’opportunité de me lancer en tant que photographe et vidéaste pour un gros projet. Je suis véritablement à 100% sur mon activité depuis 1 an seulement.

Bravo pour ton lancement, Jérémie ! Lorsque tu parles de ton activité, tu choisis le terme d’audiovisuel “vert & fair”, peux-tu nous expliquer ce que cela signifie pour toi ?

C’est drôle que tu me poses la question, parce que je me questionne à ce propos. C’est évident pour moi pourtant, je ne sais pas toujours l’expliquer. Alors essayons !

L’audiovisuel regroupe toutes mes compétences : la photographie, la vidéo et le son.

Le terme “vert” fait référence à l’environnement et au respect de la vie humaine et sauvage. Mon processus de travail est garanti éco-responsable, avec une démarche réfléchie.

Le mot “fair” désigne l’échange humain. On n’est pas nombreux sur mes projets audiovisuels. Il n’y a que moi et ma coéquipière. Il n’y a pas d’intermédiaire entre le client et moi. Je ne peux rien faire sans l’intervention de mon client et tout mon travail se base sur l’échange.

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Un positionnement éthique pour lier son travail et ses valeurs

C’était une explication très claire ! Alors dis-moi, comment et pourquoi as-tu opté pour ce positionnement plus responsable ?

Je pense que l’on cherche tous des clients qui nous ressemble. C’était ce qu’il me manquait dans mon ancien métier et que je veux trouver avec cette nouvelle activité : travailler avec des personnes qui ont un véritable impact positif sur le monde. C’est ma ligne directrice pour m’épanouir dans mon travail.

Même si je suis encore en plein processus de création de mon entreprise, car ça ne fait qu’un an que je suis officiellement lancé, ce positionnement a été totalement naturel.

Mon expérience du volontariat m’a entraîné sur ce chemin. Il y avait de l’échange, de l’humain et je savais que j’avais un impact pour la structure. J’ai voulu lier ce qui me plaisait dans le bénévolat avec une activité que j’aime et dont je puisse vivre.

Tu parles beaucoup de volontariat, donc on le sait, tu es une personne très engagée, explique-nous comment tu arrives à introduire de l’éco-responsabilité dans ton activité ?

La production audiovisuelle pollue énormément. On ne s’en rend pas forcément compte, car c’est invisible. Mais la vidéo est le format le plus impactant et polluant du numérique. La première étape pour rendre mon travail plus éco-responsable est d’accompagner mes clients sur la pré-production.

Avec ma casquette de réalisateur, je les questionne sur la pertinence de leur projet de vidéos. Est-ce qu’il faut mettre les capsules vidéos partout en natif ? Si tu as des comptes sur 6 réseaux sociaux et que tu upload ta campagne partout, tu multiplies la pollution numérique. Est-ce vraiment nécessaire ? Tu le sais bien, la communication ne se fait pas en 1 vidéo mais avec de la régularité.

Il y a donc un véritable travail en amont de la production pour déterminer si la vidéo est le format le plus adapté et comment créer du contenu avec le moins d’impact possible. Il m’arrive de proposer d’autres supports que la vidéo, comme l’audio, de la photo ou des animations graphiques qui sont moins gourmandes.

Ensuite, il y a notre manière de travailler : l’équipe se résume à deux personnes. Ensemble, on produit de la qualité tout en réduisant notre impact lié au déplacement par exemple. Bien sûr, on évite au maximum d’être sur place si on n’a pas vraiment besoin de nous.

Concernant le matériel, soit je l’achète neuf mais d’une très grande qualité pour pouvoir le garder très longtemps. Et surtout, je fais attention d’acquérir du matos que je peux réparer pour éviter d’avoir des outils obsolètes. Quand je le peux, j’achète en reconditionné comme mon ordinateur ou mon téléphone ou d’occasion, comme mes appareils photo.

Mon prochain gros objectif est d’améliorer mes outils de stockage que j’achète neuf. Je n’ai pas encore trouvé la solution pour avoir des disques durs puissants et reconditionnés !

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Mettre l’humain au centre de son activité de producteur audiovisuel green

Bravo, c’est super cool tout ce que tu as mis en place ! Parlons concrètement : comment on travaille avec toi ?

Comme je te l’ai dit, l’humain et l’échange est important pour moi. Donc concrètement, on parle beaucoup avec mes clients. J’aime avoir plusieurs rendez-vous avec la personne pour bien comprendre son projet et ses besoins. C’est également une manière de rassurer mes clients lorsque l’on travaille à distance.

Ensuite, le processus est différent si l’on fait de la vidéo ou du podcast.

Pour le premier, soit je suis sur place et je gère tout avec mon matériel. Soit, on travaille à distance et le client m’envoie ses rushs sur des disques durs par voie postale. Ça peut être étonnant à première vue mais l’envoie de fichiers vidéo non-traités via Internet est hyper long et ultra énergivore. D’un point de vue écologique, je pense qu’il est préférable de faire voyager un disque dur.

Pour le podcast, j’établis un système d’organisation et de communication avec mon client. Personnellement, j’utilise Trello. Ça me permet de centraliser les informations au même endroit pour que cela soit plus simple. Comme je suis rarement sur place, je gère souvent la post-production. Le client envoie le son brut et je gère le montage audio. Pour cela, chaque client à un serveur green dédié sur lequel il dépose ses fichiers.

La communication, un essentiel pour faire connaître son projet éthique

Je sais que l’on porte des valeurs communes et que nos visions de la communication se rejoignent. Peux-tu nous donner ton avis sur celle-ci et la façon dont tu la vois ?

Je ne viens pas du tout du monde de la communication. Pour tout te dire, avant mes aventures dans le bénévolat, je ne comprenais pas l’intérêt de la communication. Pour moi, c’était de la publicité pour rendre des entreprises riches, encore plus riches.

Aujourd’hui, mon point de vue a changé. Je réalise que ce domaine est le gros point noir des ONG ou des projets positifs. Ils n’ont ni les fonds ni les personnes pour faire connaître leurs projets. Et c’est un cercle vicieux. Car ils ont moins de visibilité et donc moins de fonds pour agir concrètement.

Grâce à mes expériences de volontariat, j’ai compris que la communication est essentielle si l’on veut sortir du lot et que la créativité n’est pas suffisante.

Je suis à l’aise pour créer du contenu audiovisuel green mais j’apprends encore tous les jours sur la communication et j’essaye de le transmettre aux associations que j’accompagne.

Dis-moi, pour toi, c’est quoi une bonne communication ?

Pour moi, il faut qu’elle parte de toi, de tes envies et des personnes à qui tu veux parler. Pour toucher les bonnes personnes, il faut utiliser un langage qu’elles comprennent. Il est important de prendre en considération les mécanismes de chacun. C’est pour cela que je veux travailler avec des personnes qui me ressemblent, car c’est plus facile de les cerner.

Et surtout, une bonne communication doit être vraie et parler des choses auxquelles tu crois véritablement. Ça ne sert à rien d’aborder des sujets parce que c’est la mode ou parce que ça va buzzer.

Je ne pourrais pas être plus en phase avec toi ! Allez, dernière question, de quelle manière communiques-tu ?

Je l’avoue, je communique peu. Je suis principalement sur LinkedIN pour mon activité.

À côté, j’ai également une casquette de blogueur avec Claire car on tient un blog voyage. Pour ce support, on utilise Facebook et Instagram.

J’ai également un site internet, qui est principalement un portfolio avec mes projets photos et vidéos. Mais je viens de lancer mon offre pour l’aide au podcast !

Sinon, je pense au mailing mais je n’ai pas encore osé sauter le pas.

Merci d’avoir répondu à mes questions Jérémie !

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