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Pollution numérique : des pistes pour limiter son impact

Elle ne se voit pas et pourtant elle existe. La pollution numérique n’est pas un mythe. En effet, le numérique représente environ 2% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales ! Sois l’équivalent de l’émission de GES de l’aviation civile. Et si nous n’agissons pas rapidement, la pollution numérique pourra être aussi importante que la pollution automobile en 2025.

Dans ma vie quotidienne, toutes mes actions sont réfléchies en terme d’impact sur la planète. Mais je passe 90% de mes journées sur mon ordinateur et internet afin de créer du contenu. C’est ma plus grande contradiction car je participe moi aussi à cette pollution engendrée par le numérique. Le sujet est vaste et complexe. Cet article ne te donnera pas de solutions miracles pour réduire ton impact. Mais je souhaitais ouvrir le débat et te proposer des pistes de réflexion et d’amélioration. Et qui sait, peut-être que nous pourrons construire des solutions ensemble.

Qu’est-ce qui produit de la pollution numérique ?

De nombreux éléments entrent en compte lorsque l’on parle de pollution numérique. Toutefois, il est possible de nommer 3 sources principales à l’émission des GES.

La fabrication des outils numériques

Et oui, la première source de pollution numérique vient de nos outils eux-mêmes. Pour fabriquer un ordinateur, un téléphone portable ou une tablette, il est nécessaire d’utiliser plusieurs métaux rares (graphite, indium, cobalt entre autres). L’extraction de ces ressources naturelles est une véritable catastrophe écologique. En effet, en très petite quantité dans la roche, ces métaux rares sont difficiles à séparer et ils vont nécessiter l’utilisation de solvants chimiques rejetés dans la nature. En Chine (où la plupart des métaux rares sont extrait) 80% des eaux de puits souterrains ne peuvent être consommées à cause de ces déchets toxiques rejetés dans les fleuves.

Et nos outils numériques ne sont pas recyclés car recycler les métaux rares est plus coûteux financièrement que l’extraction. Alors, pour générer toujours plus de profits, pourquoi s’embêter à recycler ?

Les data centers

Il en existe environ 8,5 millions dans le monde, dont 156 en France. En 2016, l’ensemble des datas centers auraient consommé 416 TWh d’électricité. En terme de comparaison, la Suisse n’a utilisé que 58 TWh cette année-là. En utilisant de l’énergie fossile pour alimenter ces énormes banques de données, les data centers vont forcément rejeter du CO2 dans l’atmosphère et contribuer au dérèglement climatique. Mais ce n’est pas tout ! En fonctionnant, ces grosses machines se réchauffent. Elles ont donc besoin d’être refroidies par des climatiseurs. Qui n’aident pas du tout le dérèglement climatique puisque l’air chaud est rejeté à l’extérieur. Un beau cercle vicieux.

En France, les 156 data centers consomment 10% de l’électricité du pays ! Heureusement, certains géants du numérique comme Apple et Google se sont engagés à utiliser des énergies propres. Par exemple, les serveurs d’Itunes (Apple) tournent à 83% à l’énergie renouvelable et ceux de Youtube (Google) carburent à 53% à l’énergie propre. D’autres entreprises, comme InfoManiak dont on reparlera plus loin, souhaitent utiliser la chaleur qui se dégage de leur data centers pour chauffer des habitations. Une façon de renouveler l’énergie utilisée par le numérique !

L’utilisation des logiciels et le streaming

Pour finir, la troisième source importante de pollution numérique est l’utilisation des logiciels sur nos appareils ainsi que le streaming. Faire tourner un programme, regarder une vidéo ou jouer à un jeu vidéo en ligne nécessite beaucoup de bande-passante sur les serveurs. Et qui dit besoin important de bande-passante, signifie une forte utilisation de ressources énergétiques. Le sais-tu ? Une simple recherche sur un moteur de recherche consomme autant d’électricité qu’une ampoule basse consommation allumée durant 1h. Je te laisse imaginer le taux d’électricité nécessaire pour lire une vidéo, faire tourner un programme ou un jeu en ligne.

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Photo by Appolinary Kalashnikova on Unsplash

Des pistes pour limiter son impact numérique

Si la pollution numérique existe, il est possible d’agir à son échelle pour améliorer un peu son impact. Certaines actions peuvent sembler dérisoires mais je suis convaincue qu’une goutte d’eau + une goutte d’eau + une goutte d’eau peuvent créer des océans. Comme je te le disais au début de l’article, je débute ma réflexion autour de ce sujet. Je sais que j’ai beaucoup de choses à améliorer moi-même (comme le poids de mon site par exemple). Je t’ouvre des pistes de réflexions. N’hésite pas à en proposer d’autres en commentaires pour qu’on puisse se nourrir les uns des autres.

Augmenter la durée de vie de nos appareils

Nos outils numériques sont une source importante de la pollution numérique. En gardant ton téléphone 4 ans au lieu de 2 comme c’est la “norme”, tu diminues de 50% ton impact écologique ! Répare tes appareils plutôt que de les changer. Achète-les reconditionnés au lieu de les acheter neufs. Ils ne seront pas recyclés alors autant augmenter leur durée de vie.

Réduire le poids de son site internet

Nos sites internet sont stockés dans les data centers. A chaque fois qu’un utilisateur se connecte, il utilise de la bande passante et donc de l’énergie. En réduisant le poids de nos sites, on réduit forcément la quantité d’électricité nécessaire à son ouverture. Pour cela, il faut revoir la conception globale de nos sites internet pour les éco-concevoir. Quelles sont les informations vraiment vitales pour mon entreprise ? Combien de pages dois-je créer ? Est-ce que j’ai vraiment besoin de toutes ses animations visuelles ? Il s’agit de vraies questions de fond à se poser pour créer un site éco-conçu.

Si tu souhaites connaître la performance énergétique de ton site web, tu peux utiliser Ecoindex qui va te donner des pistes d’amélioration. J’ai fait l’analyse de mon site il y a quelques jours, ce n’est pas fameux. Mais au moins, je connais les points à améliorer. Il y n’a plus qu’à comme on dit.

Utiliser un hébergeur écologique

Pour aller de paire avec le point précédent, pour limiter ta pollution numérique tu peux héberger ton site internet chez un hébergeur éco-responsable comme Infomaniak qui utilise les énergies renouvelables pour ses serveurs et compense son impact carbone.

Changer son moteur de recherche

Même si Google fait des efforts pour utiliser de l’énergie propre pour faire tourner ses serveurs, il est possible d’utiliser des moteurs de recherche plus éco-responsables comme Ecossia ou Lilo qui génèrent un impact positif grâce à nos recherches. Avec Ecossia, nos recherches internet servent à planter des arbres et lutter contre la déforestation. Avec Lilo, elles se transforment en gouttes d’eau que tu peux transformer en don pour des associations sociales ou écologiques.

Réduire la quantité de mails envoyés et leurs poids

On n’y pense pas lorsque l’on fait le geste si anodin d’envoyer un mail avec une pièce jointe assez lourde. Mais l’envoi de ce message à un impact sur l’environnement. Ouvrir un mail et lire la pièce jointe directement sur son ordinateur peut consommer plus d’énergie qu’imprimer le document en noir et blanc en recto-verso. Alors pour limiter son impact, on évite d’envoyer le même mail à 50 personnes en le partageant via un Google Drive ou une dropbox par exemple (même si ce n’est pas une solution optimale je te l’accorde).

Trier ses mails

Même si c’est une goutte d’eau, les mails qui restent sur ta boîte mail consomment de l’énergie. Surtout toutes les newsletters auxquelles tu es abonné et que tu ne lis pas. Pour limiter ton impact et désengorger ta boîte mail, tu peux te désabonner de toutes les newsletters que tu ne lis plus et supprimer les messages trop anciens. Tu peux le faire à la main (même si c’est long) ou alors utiliser Cleanfox qui le fait pour toi.

Réduire son temps en ligne

Plus facile à dire qu’à faire (je suis moi-même un peu trop accro à internet) mais pour limiter sa pollution numérique, la meilleure solution est de déconnecter plus souvent et utiliser moins souvent internet en règle générale.

La pollution numérique est une véritable problématique à laquelle on doit penser surtout si l’on travaille dans le digital. La réflexion est ouverte. Il ne reste plus qu’à passer à l’action.

Et toi, as-tu des pistes pour limiter notre pollution numérique à partager avec nous ?

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