Claire Gharsallah, l’entrepreneuse qui donne une seconde vie aux vêtements
Entrepreneuses responsables

Claire Gharsallah, l’entrepreneuse qui donne une seconde vie aux vêtements

C’est lors de sa dernière grossesse que Claire Gharsallah a un déclic. Elle veut faire sa part pour offrir un monde plus responsable à ses enfants. Elle utilise ses compétences en stylisme pour faire de l’upcycling puis ouvrir son dépôt-vente de vêtements pour enfants. Ainsi, Claire lie sa passion pour la mode et la réduction des déchets, un combat important pour elle !

Claire Gharsallah, l’entrepreneuse qui offre une seconde vie aux vêtements grâce à son dépôt vente.

Bonjour Claire, avant de commencer pourrais-tu te présenter ?

Bonjour Clémentine. Je m’appelle Claire Gharsallah. Je suis entrepreneuse mais je suis avant tout une maman ! J’ai un parcours assez atypique. Dans une autre vie, j’étais assistante de direction. Puis j’ai suivi une formation de styliste. Il y a 9 ans, alors que j’étais enceinte de ma dernière fille, j’ai eu un déclic écologique. Pour mes enfants, pour moi, je voulais une vie plus responsable. J’avais envie de monter mon entreprise pour faire de l’upcycling. Je voulais redonner vie à des vêtements d’adultes en créant des vêtements pour enfants. Mais la réalité financière m’a rattrapée. Alors je me suis tournée vers le dépôt vente, pour continuer à recycler d’une autre manière.

Peux-tu nous raconter ton parcours ? Comment en es-tu arrivé à créer ton dépôt-vente de vêtements pour enfants ?

Comme je te le disais, j’ai une formation en stylisme. J’avais envie de créer tout en réutilisant des vêtements existants. D’où l’idée de l’upcycling, de transformer des pièces pour adultes en vêtement pour enfants. En janvier 2013, je deviens auto-entrepreneur. J’étais l’une des premières, car le statut venait tout juste d’être créé. J’ai enregistré le nom de mon entreprise “Agimus” (nous agissons, en latin) et mon logo à l’INPI. J’étais persuadée que si je ne le faisais pas, je n’aurais pas accès à tout ce qui était professionnel. Ce n’est pas le cas, évidemment.

J’ai passé des nuits entières à faire mon site internet et mes supports de communication. Toutes ces choses qui me paraissaient essentielles au lancement de mon entreprise et qui ne l’étaient pas forcement. J’ai tout fait dans le désordre. Si c’était à refaire, j’aurais commencé par créer une dizaine de pièces que j’aurais vendu.

Il n’y a qu’une chose qui renforce notre crédibilité : nous et notre savoir-faire. Les gens recherchent avant tout un état d’esprit.

J’ai été très vite confronté à la réalité financière. Un vêtement upcycling coûte plutôt cher, entre 80€ et 100€ pour une petite robe. Je me suis rendu compte que ça ne correspondait pas aux attentes de ma clientèle. Au départ, les gens ne venaient pas pour l’aspect écologique mais pour les prix attractifs. Alors, en 2015, j’ai transformé mon activité en dépôt-vente.

Mon activité se divise en deux : la partie dépôt-vente et la partie friperie. Pour le dépôt-vente, les gens m’apportent les vêtements que leurs enfants ne mettent plus. Les pièces tournent tout le temps, c’est un gros avantage. Pour la partie friperie, j’achète des vêtements à la pièce à des recycleurs textiles. J’adore chiner ! Et mes clientes le savent bien. Il n’est donc pas rare que je me transforme en personal shopper pour dénicher des pièces particulières pour leurs enfants.

Je n’ai pas de boutique physique, bien que ça me revienne à l’esprit assez régulièrement. Je fais de la vente directe autour de chez moi ou sur internet. La vente en directe peut être un frein, car tu entres chez les gens ou les gens rentrent chez toi. Mais j’adore ça et j’ai un très bon rapport avec mes clientes ! Je trouve ça passionnant d’être en contact direct avec elles.

Suite à de nombreuses demandes de mes clientes, j’ai décidé d’adapter mes prestations pour proposer également des vêtements femmes depuis le début de l’année !

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Quel parcours ! Tu parlais d’un déclic écologique, peux-tu nous en dire plus ?

Ma dernière grossesse a été un peu compliquée. J’ai été obligé d’être en repos total. Il fallait bien occuper mes journées, alors j’ai beaucoup lu. Et j’ai découvert le livre “Des poubelles dans nos assiettes” de Gérard Pouradier et Fabien Perucca. J’ai eu un déclic. Je ne voulais plus nourrir mes enfants de cette manière. Et forcement, quand tu commences à te poser ce genre de questions, tu deviens plus responsable sur beaucoup de sujets. Mon déclic par rapport au textile vient d’une tunique que je portais enceinte. Je l’adorais et je voulais la transmettre à ma fille, en la transformant.

C’est ma vie personnelle qui a fait mon entreprise !

Que souhaites-tu apporter à tes clients ?

Une conscience écologique ? (rire). Même si certains ne viennent pas me voir dans une démarche de réduction des déchets, je ne peux pas m’empêcher de leur en parler. Je dois sûrement les ennuyer mais c’est aussi mon rôle de les éduquer un peu sur le sujet, non ?

Le relationnel avec les clients est fantastique ! Grâce à la vente directe, on a une relation particulière. Je les connais et ils me connaissent. On entre dans l’univers l’un de l’autre. J’apporte un service à mes clients mais eux ils m’apportent beaucoup plus.

As-tu déjà rencontré des difficultés en tant que femme entrepreneuse ?

Pas spécialement parce que je suis une femme, mais j’ai connu des difficultés. J’ai beaucoup évolué au fil des années.

Il ne faut surtout pas rester bloqué sur une idée. Il faut savoir se remettre en question.

Mes premiers clients ne venaient pas me voir pour le côté écolo mais pour le prix. Ce n’est pas exactement la même démarche. Mais aujourd’hui, ça change. De plus en plus de personnes viennent me voir avec l’envie de faire un geste pour la planète, de faire sa part.

Quelle est ta plus grande réussite ?

Avoir osé ! On est entrepreneuse dans l’esprit. Il n’y a pas besoin d’avoir fait une grande école pour ça. Et c’est ce qui fait ma force aujourd’hui. Car je suis prête à tout oser !

Pour moi, une bonne communication doit très humaine et transparente. Qu’en penses-tu ?

Je pense que la communication est essentielle ! Si on a un peu de budget lorsqu’on se lance, il faut vraiment investir dans la communication. Mais je pense qu’il est important de communiquer sur la personne, sur l’humain. Il faut montrer que l’on est comme eux, des êtres-humains. On a besoin de support à notre image et pas le contraire !

On est sur la même longueur d’ondes ! Et pour finir cet échange, que peut-on te souhaiter pour cette nouvelle année ?

Que ma boutique physique voit enfin le jour et que le dépôt-vente pour les femmes marche aussi bien que celui des enfants !

Merci Claire de t’être prêtée au jeu de l’interview. Et si tu souhaites offrir une seconde vie à des vêtements, tu peux retrouver Agimus sur son site internet ou sa page Facebook !

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