Anne-Charlotte Vivant valorise les produits déclassés
Entrepreneuses responsables

Anne-Charlotte Vivant valorise les produits déclassés

Après un diplôme d’ingénieur agronome et 15 ans de vie dans un monastère, Anne-Charlotte Vivant a voulu créer un projet qui fait sens et mettre en valeur les hommes et les biens. C’est avec cette idée qu’elle a créé Les reToqués, des éclats de fruits déshydratés provenant de pommes déclassés. Un projet profondément humain. Rencontre avec cette entrepreneuse qui valorise les aliments destinés à la poubelle !

Anne-Charlotte Vivant, l’entrepreneuse qui valorise les produits déclassés avec son projet Les reToqués

Bonjour Anne-Charlotte ! Merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Avant que l’on entre dans le vif du sujet, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour Clémentine. Je suis la fondatrice des reToqués qui valorise les produits déclassés. Mais avant d’en arriver là, j’ai eu un parcours assez atypique. Je suis ingénieure agronome de formation. Le lendemain de ma remise de diplôme, je suis partie dans un monastère. J’y ai vécu pendant 15 ans. Lorsque j’étais dans la communauté j’ai travaillé dans plusieurs domaines, selon les besoins de la communauté. C’était très formateur. Durant ces années une conviction profonde a mûri en moi : chaque homme et bien ont une valeur inaliénable que notre société ne met pas assez en valeur. Lorsque j’ai dû quitter le monastère il y a deux ans, je me suis demandé ce que je pourrais faire pour mettre en lumière ces valeurs.

Et c’est comme ça qu’est né ton projet Les reToqués ! Raconte nous comment tu as monté ton entreprise. Quel a été ton parcours ?

Après avoir quitté le monastère et la communauté, j’ai suivi un MOOC sur l’entreprenariat social. Je voulais monter un projet qui valorise les biens mais aussi les hommes. Cette formation en ligne m’a fait prendre conscience que j’adorais ça et mon projet ! J’ai également eu la chance d’être accompagnée par deux supers organismes au lancement de mon projet : Ticket For Change et Antropiat. Chacun des deux programmes m’a apporté beaucoup. Ticket For Change m’a boosté et j’ai fait des rencontres incroyables. Antropiat m’a apporté des bases solides grâce à leurs formations. C’était un peu le combo gagnant !

Comme je te l’ai dit, je suis persuadée qu’il y a plein de valeurs dans la société mais qu’on ne les voit pas. J’avais envie de valoriser les aliments que l’on jette parce que si tu ne respectes pas les biens comment peux-tu respecter les gens ? Alors je suis allée voir des agriculteurs.

10% de la production de pommes est déclassée chaque année ! Entre 300 et 500 tonnes de pommes par producteur sont perdues car elles ne correspondent pas aux normes.

À ce moment là je ne savais pas encore quel produit tirer de ces pommes mais je n’avais pas envie de faire des compotes ou des jus. Il fallait que je trouve un produit que donne envie aux gens au-delà de l’aspect social du projet.

C’est après un voyage à Hong-Kong que j’ai eu l’idée de faire des fruits déshydrater ! Au départ, je voulais faire des gâteaux apéros mais la technique m’a rattrapé. Ça faisait trop de miettes et c’était trop compliqué à emballer. Alors, je suis allée dans le sens du produit. J’ai fait des miettes ! C’est parfait pour grignoter ou pour mettre en toping.

Aujourd’hui on propose 4 éclats de fruits déshydratés avec des recettes différentes : pomme/citron/pavot ; pomme/gingembre ; pomme/orange/chocolat et pomme nature. Toutes nos recettes contiennent au moins 90% de pommes !

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Tu parlais de dimension sociale du projet, peux-tu nous en dire plus ?

Je voulais que Les reToqués sont plus que de la valorisation d’aliments. Les agriculteurs vendent leurs produits déclassés à un prix dérisoire. Je n’avais pas envie de ça. Alors je rachète les pommes déclassés à leur juste valeur, 3 à 4 fois plus que cher que ce que propose l’industrie. C’est important pour moi de valoriser le travail des agriculteurs et de créer une sorte de commerce local équitable.

En France plus en plus de personnes sont au chômage de longue durée. Dans le nord, c’est quasiment 6 personnes sur 10 au chômage. Alors, dès que je pourrais embaucher du personnel, je ferais de la réinsertion professionnelle.

Une vraie entreprise humaine ! Qu’est-ce qui t’a donné envie de monter un tel projet ?

En quittant la communauté religieuse, j’avais besoin de créer quelque chose qui venait de moi et qui avait du sens. Je voulais rester fidèle à ce que j’avais vécu mais en le transposant dans un contexte économique. Les reToqués, c’est simplement la continuité de mon choix de vie.

Que souhaites-tu transmettre aux consommateurs de tes éclats de fruits ?

Je veux leur montrer qu’il est possible de mettre sur le marché des produits réalisés de manière responsable. J’aimerais qu’ils se disent : “C’est bon et je sais qu’en consommant ces produits je soutiens la société positivement” !

Quelle serait ta plus grande réussite avec Les reToqués ?

Atteindre l’équilibre économique et changer d’échelle !

On va parler un peu communication. Pour moi, la meilleure façon de communiquer c’est en mettant l’humain au cœur de nos actions. Qu’en penses-tu ?

Créer du contenu pour créer du contenu, je ne sais pas faire. La course aux likes me gêne. Alors je ne formalise pas trop ma communication. Je communique sur du vécu, notamment avec une newsletter par mois pour donner des nouvelles du projet.

Dernière petite question pour toi Anne-Charlotte, quel est ton objectif pour 2018 ?

D’aller à la rencontre de mon marché. Et vendre au moins 3500 sachets par mois !

Je te le souhaite Anne-Charlotte parce que c’est un super projet que tu mènes !

Merci Anne-Charlotte de t’être prêtée au jeu de l’interview.

Et si tu souhaites découvrir de délicieux fruits déshydratés pour ton goûter, tu peux retrouver les produits d’Anne-Charlotte sur son site internet et sa page Facebook !

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